Concours

Recommander

Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 17:31
Voici le rapport de l'UNESCO sur la 32éme cession à Quebec (Canada) du 2 au 10 juillet 2008. EDIFIANT!

Décision de l’Unesco relative à la remise en cause éventuelle du classement Unesco.

Patrimoine mondial      32 COM

Distribution limitée  WHC-08/32.COM/24 - 31 août 2008 - Original : anglais/français 

  Problèmes de conservation actuels


Le site de Bordeaux, Port de la Lune a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch 2007). Néanmoins, deux problèmes importants de franchissement fluviaux sont très rapidement apparus, comme menaçant la valeur universelle exceptionnelle du bien, l'un dans les bassins à flot du port par la destruction du pont métallique tournant du Pertuis, en décembre 2007, l'autre lié au projet de franchissement de la Garonne.
Ces questions ont fait l'objet de lettres du Centre du patrimoine mondial à l'État partie datées 25 octobre, 9 novembre, 26 novembre, 17 décembre 2007, 8 février et 11 mars 2008.
Situé dans le périmètre du bien inscrit, le pont du Pertuis était, au moment de l'inscription, un ouvrage d'art tournant métallique, d'un type rare et apparemment le dernier témoin de ce genre de construction en France. Il a été jugé par l'ICOMOS « comme un élément d'ingénierie d'une valeur incontestable, situé dans le centre du quartier des bassins à flot qui fait partie de l'ensemble déclaré patrimoine mondial ». Il participait donc à l'expression de la valeur universelle exceptionnelle de Bordeaux, Port de la Lune.
Des solutions techniques d'adaptation de cet ouvrage historique aux besoins de la circulation ont été esquissées et elles semblaient pouvoir répondre aux besoins de transport contemporains, en particulier le passage d'une voie ferroviaire pour le tram. Néanmoins, une décision extrêmement rapide de destruction du pont a été prise et exécutée par les autorités locales dans les semaines qui ont suivi l'inscription, sans étude d'impact préalable sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et en contradiction avec les engagements de gestion et de conservation pris au moment de l'inscription.
Un important projet de franchissement de la Garonne entre les quartiers de Bacalan et de Bastide, en rapport direct avec le bien inscrit, n'a été que très superficiellement présenté au moment de la candidature, en particulier aucune approche de l'impact de ce projet sur l'intégrité du paysage fluvial et urbain n'a été fournie. Ce projet de longue date d'après certaines sources, a ensuite fait l'objet d'une information complémentaire de l'État partie par l'envoi au Centre du patrimoine mondial en juin 2007 d'une annexe au plan de gestion du bien (plan d'action complémentaire). Aucune alternative au projet de pont n'a été présentée.
Le projet de pont levant sur la Garonne vise à offrir la continuité du trafic terrestre au niveau des boulevards, entre les deux rives, en aval du port et à l'entrée fluviale en ville. Afin de permettre le passage de grands bateaux, les dimensions envisagées pour la partie mobile sont importantes : la poutre horizontale mobile prévue est d'une longueur de 110 m et d'une capacité d'élévation de 55m au-dessus du niveau moyen des eaux. Quatre pylônes fixes supporteront le mécanisme, s'élevant chacun à plus de 60 m, au centre du fleuve, large d'environ 450 m à cet endroit.
L'impact visuel sur l'entrée du port et de son paysage urbain et architectural, au centre des critères définissant la valeur universelle exceptionnelle du bien, paraît des plus importants, mais reste à préciser. Le pont constituerait alors une porte monumentale au cœur de l'espace d'approche de la ville par le fleuve, dont il modifierait profondément l'intégrité du paysage urbain actuel.
Le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS estiment que les études d'impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien n'ont pas été faites avant la destruction du pont du Pertuis et qu'elles sont très insuffisantes pour le projet de franchissement de la Garonne par un pont levant. L'extrême rapidité de la destruction du pont du Pertuis laisse à penser que celle-ci était déjà programmée par les autorités locales lors de l'évaluation du bien. Les procédures de concertation active à propos de ces projets urbains, visant à garantir la conservation du bien et l'expression de sa valeur universelle exceptionnelle, conformément au paragraphe 172 des Orientations, n'ont pas été respectées.
Par sa lettre du 11 mars 2008, le Centre du patrimoine mondial demandait à l'Etat partie des informations détaillées pour évaluer l'impact du projet proposé pour le franchissement de la Garonne, ou d'autres projets alternatifs, sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et sur son intégrité visuelle.
Le 15 mai 2008, le Centre du patrimoine mondial a reçu du maire de Bordeaux une notice d'impact réalisée dans le cadre du projet de construction du pont avec quelques simulations sous forme de photomontage, présentant l'insertion du pont dans le site. Ces documents ont été ensuite évalués par l'ICOMOS. Le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS estiment que la notice d'impact fournie n'est pas restituée dans un contexte : aucune mention n'est faite de la date à laquelle elle a été réalisée, ni par qui. Il serait peut-être nécessaire que soient également communiquées les "études complètes ayant amené à opter pour ce projet", comme suggéré dans la lettre du maire.
Par ailleurs, le Centre du patrimoine mondial a reçu le 15 mai 2008 une lettre d'un collectif de 7 associations s'inquiétant de sondages et de travaux déjà engagés sur le site. Il faudrait évidemment une confirmation de ce fait très important de la part de l'Etat partie.


89.  Bordeaux, Port de la Lune (France) (C 1256)
Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B.Add,

2.             Rappelant la décision 31 COM 8B.38, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

Rappelle aux États parties que, selon la Convention, ils ont l’obligation de protéger et de conserver le patrimoine mondial, culturel et naturel, situé sur leur territoire, notamment pour veiller à ce que des mesures efficaces et concrètes soient prises pour la protection et la conservation de ce patrimoine,

Regrette vivement la destruction du pont du Pertuis par l’État partie, sans consultation ni étude d’impact préalables, contrevenant ainsi au paragraphe 172 des Orientations, et entraînant une altération du bien, quelques mois seulement après son inscription sur la Liste du patrimoine mondial ;

Considère que les informations concernant le projet de pont levant sur la Garonne fournies au Centre du patrimoine mondial sont incomplètes et qu’un tel pont levant constituerait, par ses dimensions et son coût, une solution inadaptée qui aurait un impact important sur la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité du bien et serait très difficilement réversible ;

Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour transmission aux Organisations consultatives, les études d’évaluation d’impact environnemental et culturel sur ce projet de pont, ainsi que sur les autres solutions possibles pour traverser le fleuve, afin de pouvoir comparer ces différentes solutions, et de s’assurer qu’aucune construction ne sera entreprise jusqu’à ce que les études susmentionnées aient été fournies pour examen ;

Engage fermement l’État partie à envisager de demander l’inscription de Bordeaux, Port de la Lune (France) sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

Décide d’appliquer au bien le mécanisme de suivi renforcé et demande en particulier que le Comité soit informé des résultats de la mission de suivi réactif et de toute information utile concernant le maintien de la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

Demande également à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS pour évaluer dans quelle mesure la valeur universelle exceptionnelle du bien a été compromise à la suite de la destruction du pont tournant du Pertuis, et l’impact du projet de pont levant sur la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité visuelle du bien, et de soumettre un rapport à ce sujet au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er févier 2009, pour transmission immédiate au Comité du patrimoine mondial ;

Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2009, un rapport sur l’état de conservation du bien, et notamment sur les résultats des différentes études demandées ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session, en 2009, afin d’envisager le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial.

Par Garayoa - Publié dans : pont-ou-tunnel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 12:07

Le Comité du patrimoine mondial laisse Dresde sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et insiste pour que la construction du pont prenne fin

Le Comité du patrimoine mondial laisse Dresde sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et insiste pour que la construction du pont prenne fin

  • © UNESCO/Niamh Burke
  • Le Semper Opera, Dresde

Le Comité du patrimoine mondial a décidé de garder la Vallée de l'Elbe et Dresde sur la Liste du patrimoine mondial dans l’espoir que la construction d’un pont à quatre voies au-dessus de la vallée prenne fin et que des travaux soient entrepris pour rétablir l’intégrité du paysage de ce site allemand.

Le Comité a regretté que la construction du pont ait été amorcée et a pressé les autorités d’opter plutôt pour la construction d’un tunnel. Le Comité a convenu de retirer ce bien de la Liste du patrimoine mondial en 2009 si la construction se poursuivait et si les dommages n’étaient pas réparés. Entre-temps, le bien demeurera sur la Liste des sites en péril.

Bien qu’il ait, l’année dernière, convenu de retirer le site de la Liste si un pont était construit, le Comité a accepté de donner ce sursis à Dresde afin de permettre la conduite de procédures judiciaires en cours. Le Comité est d’avis qu’il faut donner aux organisations de la société civile la chance de mener à bien leur lutte contre la construction du pont et que cette lutte pourrait bénéficier du fait que Dresde demeure sur la Liste.

Le paysage culturel des XVIIIe et XIXe siècles de la vallée de l’Elbe à Dresde s’étend sur quelque 18 km le long du fleuve, du palais d’Übigau et des champs d’Ostragehege au nord-ouest jusqu’au château de Pillnitz et à l’île sur l’Elbe au sud-est. L’ensemble a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 2004.

Le site, dont les prairies basses servent d’écrin au château de Pillnitz et au centre de Dresde où abondent parcs et monuments surgis entre le XVIe et le XXe siècle, a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2007 en raison d’un projet de construction de pont, projet qui a depuis été amorcé.

  • Source:Communiqué de presse de l'UNESCO nº 51 - 2008
  • 04-07-2008
                                                                        --------------------------------

Commentaire de l'administration :

CETTE DECISION NOUS CONFORTE DANS NOTRE COMBAT POUR LA PRESERVATION DU PATRIMOINE DE BORDEAUX ET POUR LA SAUVEGARDE DU PORT DE LA LUNE

Par Garayoa
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 13:21
Voici une interview de Monsieur Bandarin, Directeur du Centre du Patrimoine Mondial de l'Unesco à propos du Pont de Dresde (Allemagne).

Comme vous le lirez, les similitudes avec le projet de pont  levant de Bordeaux sont évidentes. Le site de Dresde classé en 2005 a été  mis sur la liste des sites en péril en 2007 et devrait perdre son label "Patrmoine mondial de l'Unesco" en juillet prochain.

Bordeaux si ce projet de pont d'un autre siècle voit le jour devrait subir le même sort.

Traduction de l'article du 'Sächsische Zeitung" du 10 mai 2008

"Si Dresde ne veut pas écouter, nous non plus." 

Une interview exclusive à Paris du Directeur du Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO à propos des problèmes soulevé par le projet de pont de Dresde.

Monsieur Bandarin, quelles peuvent être les conséquences pour un pays de perdre un titre de patrimoine mondial ?

L’année dernière, le parc naturel d’Oman fut le premier site à perdre le titre. Ce fut  pour nous une vraie tragédie. Si nous en arrivons à déclasser un site, cela veut dire qu'il a perdu sa valeur universelle, que notre volonté n'a pas suffi, que nous n'avons pas été capables de préserver cet endroit unique en son genre. C'est pour nous une véritable défaite parce que nous n’avons pas su nous acquitter de notre mission.

Quelle est donc cette mission ?

Un site qui se trouve sur la liste du patrimoine mondial est un lieu unique dont la valeur est reconnue dans le monde entier, et qui mérite qu’une organisation internationale, l’UNESCO, s’investisse pour la conserver. Nous, au centre du patrimoine mondial, nous sommes les gardiens de ces sites, à nous la responsabilite d'en assurer la préservation. Nous représentons une protection internationale supplémentaire, qui va au-delà des procédures nationales.

La perte de ce titre peut elle avoir des conséquences économiques ?

Difficile à dire. Cela ne plaide certainement pas en faveur d’une ville de perdre le titre. C'est d'autant plus vrai pour Dresde, qui s'est relevée de façon aussi impressionnante d’une véritable destruction. J’y suis déjà allé à plusieurs reprises et je suis à chaque fois impressionné par les énormes efforts entrepris pour reconstruire le centre-ville. Il y a d'ailleurs une contradiction dans cette histoire, une ambiguité qui nous choque : d’un coté ils veulent absolumment restaurer les vestiges du passé et de l’autre, ils sont tout à fait prêts à détruire ce paysage. Pourquoi cette volonté de reconstruire n'amène-t-elle pas à préserver à tout prix ce paysage unique? Cela relève de la schizophrénie.

Pensez-vous que la perte du titre aurait des conséquences pour d'autres sites allemands du patrimoine mondial, peut-être aussi pour ceux qui sont actuellement sur la liste de candidature?

Non. C'est à nous de décider au cas par cas. Ce serait mauvais pour l’Allemagne si elle perdait un site de patrimoine mondial. Mais ses autres sites ne seraient pas affectés.

Voyez-vous un compromis possible en Allemagne, en Saxe, à Dresde ?

Il y a eu de grands débats, mais jusqu'à maintenant, je ne vois pas d’effets positifs. On a eu l'impression, quelquefois, que la ville et la région ne partagaient pas la même position.  Mais ce n'est plus le cas. Le débat a dérapé sur plusieurs points.  Premièrement : ce n’est pas le centre-ville qui a été classé patrimoine mondial mais le site dans son ensemble en tant que paysage culturel. Et un pont au beau milieu du site détruit justement ce paysage culturel. Deuxièmement : je m'attendais à ce que l'on aborde les discussions avec davantage de souplesse et d'ouverture. D'accord, il y a eu un référendum. Mais après le classement de Dresde. Et la question qui a été posée n'était pas la bonne. Et les gens n'ont pas eu toutes les informations qu'ils auraient dû avoir sur la situation. Il fallait poser la question suivante : voulez-vous un pont même s'il détruit ce paysage unique en son genre et qu’il vous fait perdre le classement ?

Cela, on ne le savait pas au moment du référendum, car Dresde a été classé, malgré ce projet de pont qui figurait dans le dossier de candidature.

Permettez-moi d'être clair: La ville - après une longue préparation – a posé sa candidature au classement en tant que paysage culturel. Elle s'est donc engagé à  protéger le paysage. Mais si vous voulez protéger un paysage, vous ne planifiez pas un pont! Si on veut protéger un centre-ville historique, on ne se met pas à y construire le lendemain un gratte-ciel.

Mais même la ville ne le savait pas encore à l’époque…

Même si les gens de  Dresde ne le savaient pas, ils auraient quand même pu y penser. S’ils étaient venus nous voir, nous le leur aurions dit immédiatement. Maintenant, de pointer telle ou telle page du dossier ou des annexes et de dire que le pont y figurait déjà – ça, c'est de la pure bureaucratie et pas du tout l’esprit de la protection du patrimoine. Bref, nous, on propose une nouveau référendum. Les gens doivent savoir ce pour quoi ils votent.

A votre avis, est-ce qu'il y avait des lacunes dans le rapport de l’expert Icomos?

C’est vrai. Dans le rapport Icomos s'est trompé sur l'emplacement du pont. Mais ce n'est pas Icomos qui est responsable du site classé, c’est la ville de Dresde, c'est ceux qui gèrent les sites. J'ai l'impression que l'on est dans un jeu : toujours la faute à l'autre. Mais là n'est pas la question, on n'est pas dans un procès. Il s’agit de l'obligation morale qui nous incombe de conserver ce paysage unique pour les générations futures. Même les politiques devraient voir la chose comme ça. Ca n'a rien à voir avec des articles de loi, les petits caractères.

Lors de la réunion du Comité l'année dernière en Nouvelle-Zélande, il a semblé que l'Unesco accepterait un projet de pont modifié. Est-ce vrai?

Oui cela a été discuté. L’UNESCO a invité Dresde à soumettre les plans d'un nouveau pont mais ils ne nous ont jamais été officiellement présentés.

En d'autres termes, l'Unesco ne dit pas strictement «non» à un pont, mais à ce pont-là en particulier?

Le pont projeté est particulièrement massif et important. Mais justement, à cet endroit, l'Elbe est très large, le pont est forcément très long. Par conséquent, je crois qu'à cet endroit n'importe quel pont, quel que soit son design, gâcherait le paysage.

Pouvez-vous comprendre qu'à Dresde beaucoup de gens se sentent victimes d’un chantage de la part de l’UNESCO ?

Non. Il n'y a jamais eu de discussion avec nous, comme nous l'avons toujours souhaité, sur des projets alternatifs. Nous ne connaissons pas d'autres projets de pont ou de tunnel, pas d'autres projets d'aménagement de la circulation- rien. La ville nous a montré un projet de pont légèrement modifié - et c'est tout. Néanmoins je reste convaincu que nous pourrions trouver d'autres solutions et résoudre le problème.

Sentez-vous du chantage de la part de Dresde ?

Le maire est venu nous voir et nous a dit: nous construisons le pont. Qu'est-ce que je devais lui répondre ? Ce n'est pas comme ça que l'on aborde ce type de problème. Nous aimerions bien collaborer avec la ville et la région pour sauver le titre et élaborer une stratégie de conservation à long terme pour la ville. Mais pour le moment,on n'en prend pas le chemin.

Que faudrait-il faire maintenant pour sauver le titre?

Nos marges de manoeuvre sont très limitées, car la ville a décidé de poursuivre la construction du pont. Nous, nous exigeons l'arrêt des travaux. Et tout de suite, car il sera bientôt impossible de rechercher un compromis. On dit - Demarrez un nouveau référendum. Cela prendra un certain temps. Mais ça n'a pas d'importance. La protection du patrimoine, là on réfléchit en termes d'éternité, pour les générations futures. C'est rien, une ou deux années par rapport à l’éternité. C'est encore un argument dont ils se servent dans leur jeu. Si, après un nouveau référendum, les citoyens décident qu'ils préfèrent tout de même un pont, alors je pourrai seulement leur dire - personne ne vous oblige à rester patrimoine mondial. Mais je ne crois pas que c'est l'avis des gens.

Dresde est donc bien sur le point de perdre le titre?

Le message délivré par le Comité l'année dernière a été très clair : Si le pont se construit, Dresde perd le classement. Il n'y a pas d'alternative. Si Dresde n'écoute pas, le comité non plus.

Si l'on n'arrête pas les travaux, est-ce que Dresde perdra le classement dès cette année?

C'est le Comité qui décidera. Mais je ne vois pas pourquoi on accorderait davantage de temps à Dresde. Cela fait déjà si longtemps que l'on discute de ce cas, la décision de l'année dernière a été catégorique. Cette année, ils décideront.

Vous êtes Directeur du Centre du patrimoine mondial, mais ce n'est pas vous, en fin de compte, qui prenez la décision. Le comité pourrait-il avoir un avis tout à fait différent du vôtre ?

Non. Notre fonction en tant que commission est de seconder le Comité, qui, lui, a la responsabilité de la décision. En apportant nos expertises, nos avis, nos rapports techniques. Car le comité ne se réunit qu'une fois par an. Normalement, nos décisions vont dans le même sens.

Entretien : Valeria Heintges
Par Garayoa
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 17:24

Un collectif d'association s'investi depuis plusieurs mois sur le sujet du franchissement Bacalan- Bastide et aux alternatives possibles face au pont levant qui, outre son aspect surdimenssionné et les nuisances associées,  présente l'inconvénient  de ne pas permettre le passage simultané des navires et du trafic automobile entre les deux rives.

Aprés de nombreuses réunions, des heures de travail et de reflexion, nous vous proposons notre projet alternatif de tunnel réduit permettant un passage permanent rive droite rive gauche, et  la liberté d'accès au port historique de Bordeaux à tous les bateaux et navires sans aucune contrainte supplémentaire.


Explication de la démarche.

Etre lucides et honnêtes, pragmatiques et sans à priori, tel est l'esprit dans lequel les associations ont élaboré leurs propositions. Elles expriment leurs convictions.Les associations souhaitent que ces propositions soient soumises à un large débat, public et contradictoire. De cette confrontation, leurs propositions en sortiront, soit renforcées et elles devront être retenues, soit mises en cause et elles devront être abandonnées.

Liste des associations : ADIQB (Quartier de Bacalan), Aquitaine Alternatives, Cap Bastide, Cauderès, Défense du quartier de Queyries, Garonne-Avenir,Trans'Cub.

Un franchissement "humain"

Le franchissement de la Garonne doit être "humain", améliorer la vie des gens, ceux de l'agglomération bordelaise :
-  faciliter leurs déplacements ;
- préserver leur cadre de vie par une limitation du bruit et de la pollution de l'air qui y seront liées ;
-  s'intégrer dans leur environnement, dans le paysage exceptionnel constitué par le fleuve et ses 2 rives ;
-  conserver et mettre en valeur leur patrimoine, le "Port de la lune", ce port naturel en eau profonde au cœur de la ville qui accueille les navires dans un cadre admiré et envié du monde entier ;
-  s'inscrire dans la lutte contre le réchauffement climatique aggravé par les déplacements en voiture ;
-  être économe de l'argent public, c'est-à-dire des impôts qu'ils versent.

Ce que le franchissement doit être, et ne pas être

Ce franchissement doit :

-  créer de nouveaux liens entre les quartiers rive droite-rive gauche de BORDEAUX ville-centre ;
-  assurer de meilleures liaisons entre la ville-centre et les communes périphériques qui la bordent immédiatement, ainsi qu'entre ces communes ;
-  protéger des trafics de transit, les quartiers riverains de la boucle des boulevards qui sera créée;
-  favoriser la mise en place d'une ligne de transports collectifs à haut niveau de service, (régulière, fréquente, rapide) sur l'ensemble des boulevards (rive droite, rive gauche), qui desservirait les trois gares SNCF .

Ce franchissement ne doit pas :

-  être ouvert à la circulation des camions ;
-  être un axe de délestage du pont d'Aquitaine, favoriser les liaisons entre les rocades Est et Ouest de l'agglomération, accueillir un trafic de transit départemental, régional, national, et international, comme le prévoient clairement les études de la CUB ;
-  favoriser rive droite un contournement de l'hyper centre, par un trafic de transit, via la boucle de boulevards créée ;
-  avoir un gabarit autoroutier ;
-  jouer un rôle d'aspirateur à voitures et favoriser la multiplication de ce type de déplacement.

La liberté de circuler et de naviguer, c'est le tunnel

Les avantages du tunnel

Le tunnel assure parfaitement la permanence et la fluidité des trafics maritimes et routiers qui peuvent se croiser : en surface pour les bateaux et en souterrain pour la circulation automobile et les transports collectifs. Ils sont indépendants l'un de l'autre, n'entrent jamais en conflit

Le tunnel permet aussi :

-  la garantie, du fait du gabarit retenu, qu' aucun camion ne l'empruntera jamais ;
-  l'absence de bruit et de pollutions pour les riverains et usagers des quais ;
-  la préservation du paysage fluvial actuel, et d'un site incomparable ; il est compatible avec l'inscription de BORDEAUX au patrimoine mondial de l'UNESCO ;
-  le maintien d'une zone de promenade le long des quais rive droite comme rive gauche, ainsi que d'une liaison privilégiée entre le centre-ville de Bordeaux et le quartier de Bacalan ;
-  une nouvelle vitalité du fleuve et des quais avec les retombées économiques liées aux escales de toutes sortes de navires.

Les défauts majeurs du pont levant

Le pont levant ne pourra assurer en même temps les trafics routiers et maritimes, mais devra arbitrer en faveur de l'un au détriment de l'autre. Plus il sera ouvert pour accueillir des navires, plus il y aura de conflits avec des usagers des transports en commun et des automobilistes, mécontents de devoir soit attendre, soit se dérouter et allonger leurs trajets au milieu des embouteillages. Plus il sera fermé pour privilégier les déplacements d'une rive à l'autre, plus il bloquera tout développement du trafic maritime.

1. La fréquence des embouteillages

Les fermetures du pont levant seront quotidiennes : d'une durée de 1H30 à 3H par jour , et ce, 5 mois sur 12. Les embouteillages qui en résulteront seront insupportables pour les usagers-habitants des deux-rives.

2. Le pont levant sera un obstacle à la venue des navires

Les difficultés d'accès au Port de la lune seront accrues par la présence et le fonctionnement de ce pont levant :
- il est mal placé (selon les pilotes de la Gironde) ;
- le passage prévu pour les navires est étroit, notamment pour les navires de plus de 200 mètres qui ne pourront le franchir, …alors même que les constructions de tels navires se multiplient ;
- le pont limitera les possibilités d'escale, en obligeant les navires à arriver et à partir, d'une part à certaines heures liées aux marées, et d'autre part, dans des conditions de vent et de courant très limitées et très contraignantes ;
- il compliquera les manœuvres obligatoires pour permettre aux navires de repartir...;
q c'est prendre un risque insensé, Il suffira qu'un seul navire y soit retardé ou reste "prisonnier" pour des raisons techniques, sociales, ou autres, comme dans une nasse. Et ce sera la mort du Port de la lune : aucun navire ne voudra plus venir.


3. Le pont portera atteinte au cadre de vie des habitants

-  Il en résultera un bruit continuel et infernal. Il suffit de s'approcher des ponts qui traversent la Garonne (ou de rester quelques minutes sur les boulevards) pour constater les nuisances sonores et la pollution qui se répandra le long du fleuve, et dont souffriront riverains et usagers des quais.
-  L'impossible insertion dans le paysage. Les études de la CUB parlent d'un ouvrage "imposant", "monumental". En effet : il est presque aussi large que 2 ponts d'Aquitaine, et ses 4 piles sont chacune haute comme les tours de la Cité administrative.
Ce pont levant hypothèquera les chances de BORDEAUX d'être classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ainsi, la ville de DRESDE a dû renoncer à son projet de pont.


Le solution du tunnel

Assurer la continuité des trafics routier et maritime est une exigence essentielle : sans elle, seul un service dégradé est rendu aux uns et aux autres, signe du mépris qu'on leur porte.

Résultat : le tunnel apparaît comme une évidence forte, il est seul apte à assurer la liberté de circuler et de naviguer. Au surplus, il présente d'autres avantages et le pont levant a des défauts majeurs.


L'alternative : un tunnel à 2 ou 4 voies

Déjà, les boulevards ne sont parfois à 1 voie par sens. Face aux risques d'accroissement de trafic et de congestion accrue inhérents à ce nouveau franchissement, face à la limitation des déplacements en voiture, il ne faut pas sur dimensionner le tunnel, et l'alternative suivante doit être étudiée :

-  Un tunnel à 2 voies (1 voie par sens)
-  Un tunnel à 4 voies (2 voies par sens)

1. Les caractéristiques du tunnel

-  Les raccordements ou non sur les quais sont à débattre ;
- Il est à gabarit réduit, ouvert aux véhicules particuliers et aux transports collectifs mais interdit aux camions ;
-  La priorité y est donnée aux transports collectifs, et si nécessaire, des voies spéciales sont prévues ;
-  Les piétons et cyclistes peuvent utiliser gratuitement les transports collectifs pour franchir le fleuve : bus empruntant le tunnel, ou navette fluviale qui serait mise en place (comme à Nantes) ;
-  Il est gratuit pour les habitants de la CUB, l'éventualité d'un péage pour les autres usagers sera  étudiée.

2. Les modalités de réalisation

-  La technique : le CETU (Centre d'Etude des TUnnels) a préconisé la construction par caissons immergés (technique éprouvée). Il a écarté la technique du tunnel foré retenue pour le métro.

-  Les délais : avec ce gabarit réduit du tunnel, les délais sont similaires entre pont levant et tunnel.
-  Un coût comparable au pont levant: le prix d'un tunnel à 4 voies (2 par sens) à gabarit réduit, interdit aux camions est inférieur à 150 M€, coût indiqué par le CETU pour un tunnel plus important, à gabarit autoroutier et ouvert aux camions. Et un tunnel à 2 voies (1 par sens) a un coût inférieur à 100 M€. Des coûts proches de celui du pont levant annoncé à 120 M€. La différence de coût entre les tunnels proposés et le pont levant n'est donc pas significative. La CUB peut assumer, seule, ce coût : 100-150 M€, c'est à peine 10 à 15% du coût du tramway.


En conclusion : notre option, c'est le tunnel

  •  La CUB ne dispose d'aucune étude préalable approfondie justifiant le rôle et la taille à donner à l'ouvrage de franchissement de la Garonne ;
  •  Le projet actuel de pont levant
- n'a pas été défini en concertation avec les habitants mais leur est imposé d'en haut ;
- serait "monumental" selon la CUB elle-même, et porterait une atteinte inévitable au site ;
- hypothèquerait l'avenir maritime du Port de la lune,
- aurait des effets irréversibles ;
  •  Il existe une solution : le tunnel, la seule condition étant qu'il ne soit pas surdimensionné ;


    Un nouveau franchissement s'impose,
    La meilleure solution ne peut être retenue que dans la concertation qui reste à mettre en oeuvre,

    Pour nous, notre option, c'est le tunnel,
    le projet de pont levant doit être abandonné.





Par Garayoa - Publié dans : pont-ou-tunnel
Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus